Une démarche administrative se perd rarement sur le fond : elle se perd sur la forme, sur le guichet ou sur le silence. Le dossier a été déposé sans récépissé, la pièce réclamée a été apportée sans écrit, l'agent chargé du dossier a changé, et six mois plus tard personne ne sait plus où en est l'examen de la demande. Notre premier travail est de ramener cette relation à quelque chose de traçable : une autorité clairement identifiée, un dossier complet, une preuve de dépôt datée, et un point de départ à partir duquel des droits se comptent.
Les procédures qui commandent la vie réelle d'une entreprise ne sont pas concentrées en un seul lieu. L'autorisation d'exploiter un local relève de la commune et de l'autorité locale ; l'agrément sectoriel, d'un ministère ou d'une agence de régulation ; le dossier d'investisseur, du centre régional d'investissement ; la déclaration d'un investissement étranger, de l'Office des changes ; l'attestation de régularité, de la direction générale des impôts ou de la CNSS. Chacune a son texte, son formulaire, sa liste de pièces et sa culture de guichet.
Le point le plus mal compris est celui du silence. Une administration qui ne répond pas n'est pas une administration sans recours : selon la procédure en cause, l'absence de réponse dans le temps imparti peut valoir acceptation ou au contraire rejet, et dans les deux cas elle fait naître des droits. Encore faut-il pouvoir prouver la demande, car un dossier remis de la main à la main, sans référence ni date, ne permet de démontrer ni son objet, ni le moment où il a été formé. C'est la première chose que nous vérifions.
Nous intervenons donc en amont — qualifier la démarche, choisir la bonne autorité, monter le dossier —, pendant l'examen de la demande — relances écrites, réponse aux demandes de compléments, entretiens avec le service —, puis en aval : recours gracieux auprès de l'auteur de la décision, recours hiérarchique auprès de l'autorité supérieure, et constitution du dossier judiciaire lorsque la voie amiable est épuisée, la représentation devant le tribunal administratif étant alors confiée à un avocat. Les formalités propres à la constitution ou à la modification d'une société, elles, sont traitées par les prestations du pôle création.