Un différend avec une banque commence toujours par un déséquilibre de documents. L'établissement détient la convention de compte, les conditions tarifaires appliquées, le contrat de crédit, le tableau d'amortissement et l'historique complet des écritures ; le client, lui, n'a souvent qu'un solde qui l'étonne et le sentiment d'avoir trop payé. Tant que ce déséquilibre n'est pas corrigé, la discussion reste une opinion contre une comptabilité — et c'est la comptabilité qui gagne.
Les désaccords se rangent en quatre familles, qui n'obéissent pas aux mêmes règles. Le compte d'abord : frais, commissions, dates de valeur, refus d'opération, clôture unilatérale, blocage à la suite d'une saisie. Le crédit ensuite : coût réel, taux effectivement appliqué, déchéance du terme prononcée d'un coup, refus de rééchelonnement. Les garanties encore : cautionnement personnel appelé, hypothèque ou nantissement mis en œuvre. Et, à part, l'incident de paiement, qui n'est pas un litige d'argent mais de moyens de paiement.
Avant le tribunal, le secteur bancaire dispose de ses propres voies, et elles ne sont pas décoratives. Chaque établissement de crédit est tenu, sous la supervision de Bank Al-Maghrib et dans le cadre posé par la loi 103-12, d'organiser le traitement des réclamations de sa clientèle. Un dispositif de médiation bancaire permet ensuite de faire examiner le différend par un tiers, dans des délais et à un coût sans commune mesure avec une instance. Une réclamation écrite obtient souvent ce que dix visites à l'agence n'ont pas obtenu.
Quand ces voies échouent, ou quand l'urgence l'impose — un compte bloqué qui empêche de payer les salaires, une garantie appelée pendant une négociation —, l'action est portée devant la juridiction compétente, au besoin en référé, et une expertise comptable est demandée lorsque le décompte est contesté. Le déroulé général d'un contentieux, du diagnostic à l'exécution, est décrit sur notre page de résolution de litiges ; nous ne traitons ici que ce qui est propre à la relation bancaire.