Le calcul qui précède une négociation est simple, et rarement fait : ce que vaut la créance aujourd'hui, moins les mois d'instance, les frais engagés, la trésorerie immobilisée et le risque que la décision obtenue ne soit jamais exécutée. Ce qui reste après cette soustraction est le montant réel du différend. Une concession qui paraissait humiliante rapportée à la somme réclamée devient raisonnable rapportée à ce reste ; et l'inverse se vérifie tout autant, car une offre flatteuse ne vaut rien si elle est payable en dix-huit mois sans la moindre garantie.
Négocier n'est pas demander poliment, ni redemander plus fort. Une discussion pré-contentieuse se prépare comme un dossier : on arrête à l'avance ce qui sera cédé et dans quel ordre, on désigne qui parle et sous quel mandat, on rédige chaque proposition de manière qu'elle expire d'elle-même et ne vaille pas reconnaissance si elle est refusée. Le diagnostic qui précède ce travail — solidité des preuves, juridiction qui trancherait, comparaison chiffrée des deux voies — est décrit sur notre page de résolution de litiges, et n'est pas repris ici.
La médiation conventionnelle, organisée par la loi 95-17 relative à l'arbitrage et à la médiation conventionnelle, donne un cadre à cette discussion lorsqu'elle est bloquée. Un tiers choisi par les parties conduit les échanges sans trancher : il n'a ni le pouvoir d'un juge, ni celui d'un arbitre. On y accède par une clause insérée au contrat ou par un accord conclu après la naissance du différend, y compris quand une instance est déjà engagée. Ce qui s'y dit est, par principe, couvert par la confidentialité.
Reste le point où la plupart des dossiers se perdent : l'accord lui-même. Le Dahir des obligations et des contrats fait de la transaction un contrat à part entière, reposant sur des concessions réciproques, et lui reconnaît entre les parties l'autorité de la chose jugée. C'est une force et un piège, car on ne signe qu'une fois. Un protocole qui ne solde pas clairement le passé, qui ne prévoit ni échéancier, ni sanction du défaut, ni la manière dont il sera exécuté, se contente de déplacer le litige de six mois. Quand la voie amiable échoue malgré tout, le dossier repart vers la procédure, traitée sur notre page de résolution de litiges.